Electricité: mise en marche du plus long câble sous-marin entre Norvège et Royaume-Uni

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Le plus long câble électrique sous-marin du monde, qui relie la Norvège au Royaume-Uni et permet aux deux pays un partage d’électricité, est entré en service vendredi, indique National Grid, qui gère le réseau de distribution électrique britannique.

« Le Royaume-Uni et la Norvège sont maintenant en mesure de partager de l’énergie renouvelable pour la première fois » alors que « la coentreprise North Sea Link à 1,6 milliard de livres, de National Grid avec l’opérateur du système électrique norvégien Statnett, commence ses activités commerciales ce jour », souligne National Grid dans un communiqué.

La liaison électrique sous-marine de quelque 720 kilomètres va démarrer avec une capacité maximale de 700 megawatts (MW) qui va monter graduellement à 1.400 MW sur trois mois. « A pleine capacité, North Sea Link pourra alimenter en électricité 1,4 million de foyers », poursuit National Grid.

Le North Sea Link relie Suldal, dans le sud-ouest du pays scandinave, à Blyth (près de Newcastle) en Angleterre en passant sous la mer du Nord, renforçant ainsi la sécurité de l’approvisionnement électrique des deux pays à l’heure où le prix du gaz naturel atteint des records en Europe et au Royaume-Uni.

« Quand ça souffle fort en Angleterre et la production éolienne y est élevée, on pourra en Norvège acheter de l’électricité bon marché auprès des Britanniques et laisser l’eau dans nos réservoirs » de barrages hydroélectriques, source d’énergie principale en Norvège, avait expliqué en juin le directeur du projet chez Statnett, Thor Anders Nummedal. Et vice-versa quand le vent n’est pas assez fort au Royaume-Uni.

La construction, qui a duré six ans, a connu son lot de défis techniques, obligeant notamment à construire une barge spéciale pour faire passer le câble sous un lac norvégien ou encore à percer un tunnel de 2.300 mètres.

Au classement des câbles électriques sous-marins les plus longs, le North Sea Link détrône Nordlink (623 km, dont 516 sous l’eau), inauguré le mois dernier entre la Norvège et l’Allemagne.

Déjà connecté à la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Irlande, le Royaume-Uni prévoit d’autres interconnexions avec les pays du continent, notamment grâce à un nouveau câble sous-marin le reliant au Danemark, Viking Link (765 km, dont 621 sous l’eau). Sa construction doit s’achever fin 2023.

Mi-septembre, un incendie affectant une liaison électrique majeure avec la France avait réduit la capacité du Royaume-Uni, contribuant à faire flamber les prix du gaz dans le pays.

D’ici 2030, 90% de l’électricité importée par les interconnexions de National Grid proviendra d’énergies sans émissions de CO2, ce qui « permettra d’éviter de rejeter 100 millions de tonnes de carbone dans l’atmosphère, soit l’équivalent de deux millions de voitures », fait valoir l’entreprise.

La Norvège, qui est par ailleurs le plus gros producteur d’hydrocarbures d’Europe de l’Ouest, ambitionne quant à elle de devenir une sorte de « batterie verte » pour le continent auquel son réseau électrique est désormais relié par quatre câbles sous-marins (GB, Allemagne, Pays-Bas, Danemark).

Un autre câble (privé) avec l’Ecosse est en projet mais l’arrivée imminente au pouvoir d’un nouveau gouvernement pourrait le torpiller, ces câbles ayant pour effet de renchérir la facture électrique des Norvégiens.

Le Royaume-Uni, qui accueille à partir de fin octobre la conférence internationale sur la transition énergétique COP26, veut atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

ved-phy/ngu


La version originale de cet article a été publiée sur Le Monde de l’Energie. (Creative commons)